Archive

Posts Tagged ‘L’Oréal’

La beauté ne connaît pas la crise !

13 février 2012 2 commentaires

Alors que les prix flambent et que la consommation des ménages est en berne, il y a un secteur qui fait office de village gaulois et qui résiste à la morosité ambiante : c’est le luxe et la beauté ! +3% en France en 2011 ! Petit point sur le sujet.

Pour le retour de Cosmetosphere en 2012, ces chiffres tombent à pic ! Je savais bien que j’étais dans le vif du sujet avec un blog cosmeto…

D’après les chiffres révélés par NPD (panel du marché beauté en distribution sélective, la parfumerie), nous aurions dépensé 2,86 milliards d’euros en 2011, pour nous parfumer, nous maquiller et prendre soin de notre peau, versus 2,77 milliards en 2010. C’est en particulier le parfum qui pèse dans ces chiffres car il représente environ 2/3 du résultat réalisé sur le circuit sélectif, avec en star incontesté J’adore de Dior.

 

(Pour voir le film, cliquez sur l’image).

Cependant, on ne peut pas en déduire directement que le premier produit de beauté vendu est du parfum : en effet,  ces chiffres sont mesurés en parfumerie (où l’on achète principalement du parfum…alors que pour les soins et le maquillage la grande surface et la pharmacie représentent de sérieux concurrents) et un flacon de parfum est souvent bien plus cher qu’un produit de maquillage ou de soin.

Ces résultats sont également liés aux efforts réalisés par les grandes enseignes, entre autres Sephora leader du marché avec une performance de +34% en 2011 et Nocibé qui a relooké ses magasins. Pour nous faire revenir, les parfumeries développent leurs programmes de fidélité, des cours de maquillage ou encore proposent des éditions limitées.

La bonne santé de la beauté et du luxe se lie aussi sur les performances des entreprises du secteur. A titre d’exemple, LVMH a affiché un chiffre d’affaires de 23 milliards d’euros en hausse de 14% par rapport à 2010) en limitant l’effet crise grâce à son fort taux d’exportation (environ 90%) et à une qualité made in France, un savoir faire traditionnel qui fait recette en période difficile. Le numéro 1 mondial de la cosmétique, L’Oréal, affichait à fin septembre 2011 un chiffre d’affaires à 15 milliards d’euros en progression de plus de 5%.

Le passage de la crise se fait en travaillant son apparence : il semblerait que bien apprêtée et sûre de soi on traverse mieux les difficultés. Pas besoin d’un total look Vuitton pour ça : un parfum réconfortant, un tube de rouge à lèvres, un peu de vernis et une touche de blush et c’est parti !

Les déodorants, arme anti-crise des géants de la cosmétique?

La crise a conduit les grands groupes de cosmétiques à revoir leur offre, en proposant des produits plus accessibles.

Crédit photo : Garnier

En effet, aujourd’hui leur croissance est assurée en grande partie par les pays émergents. L’Oréal par exemple a observé en 2009 un retrait de -4,7% du marché européen et une faible progression de +1,7 aux Etats-Unis, tandis que les « nouveaux marchés » affichaient +3,4%. C’est sans surprise la Chine qui tire les ventes.

Alors face à un pouvoir d’achat en baisse et pour conquérir ces pays émergeants les L’Oréal, Unilever ou autres Proter & Gamble misent sur des produits abordables.  Une recette qui fonctionne semble-t-il, déjà bien approuvée par le Petit Marseillais avec ses produits plaisirs, vraiment pas chers et tout de même efficaces. La marque connaît un réel succès en grande surface. Elle a d’ailleurs été récompensée par le prix d’Excellence de la beauté 2010 décerné par Marie Claire.

C’est ainsi que Garnier vient de commercialiser une gamme de déodorants appelée Mineral, comportant 14 références. L’actif principal, la minéralite est d’origine volcanique. Elle a été choisie pour ses capacités d’absorption de l’eau (3,5 fois son poids), sa vitesse de séchage, son toucher sec non collant en présence d’eau et parce qu’elle ne perturbe pas l’évaporation de la sueur. La gamme est sans paraben ni alcool et il y en a pour tous les goûts : pour les peaux sensibles, pour les peaux épilées, anti-traces blanches, sans sel d’aluminium, en bille ou atomiseurs aux alentours de 3,50€. Cela permet à la marque de proposer un produit vraiment pas cher et de pénétrer un marché encore nouveau pour le groupe L’Oréal, à qui elle appartient.

Sur un segment des déodorants déjà bien occupé par des marques comme Nivea, Bourjois ou Dove la gamme Mineral devra profiter pleinement de la notoriété de Garnier et de son image d’efficacité à prix abordable pour se faire une place.

Crédit photo : Garnier

L’usine Sanoflore cédée à Fareva par L’Oréal

Crédit photo : Sanoflore

Le groupe L’Oréal, détenteur de Sanoflore annonçait fin septembre 2009 qu’il céderait cette année son usine Sanoflore, située dans la Drôme, à son sous-traitant Fareva, un groupe familial ardéchois de 5000 salariés ayant réalisé 723 millions d’euros de CA en 2009. L’activité de ce dernier ne repose pourtant pas sur les produits bios puisqu’elle est basée sur la formulation, la fabrication et le conditionnement de produits ménagers, industriels, cosmétiques, pharmaceutiques et alimentaires. Le rachat est effectif depuis le 1er Mars 2010 et pour l’occasion la filiale Fareva Bio, rassemblant les 60 salariés de l’usine Sanoflore a même été créée.

Sanoflore, rachetée en 2006 par L’Oréal reste sous le contrôle du géant mondial de la cosmétique, tout comme ses 18 salariés en charge de la R&D. Ainsi L’Oréal renforce sa volonté de se concentrer sur la recherche, le développement et la commercialisation en France et dans le monde des produits Sanoflore (cosmétiques bio, aromathérapie, phytothérapie labellisés Cosmébio par Ecocert).

Fareva  qui compte faire du site de Sanoflore son usine de référence pour l’ensemble de sa production bio, élargit ainsi son offre tant sur le plan des volumes de séries que des technologies qu’elle propose à ces clients. Bernard Fraisse son président précise : « « Nous renforçons notre crédibilité et notre force dans le domaine du bio où nous étions déjà présents mais pas dans les petites et moyennes séries et des technologies comme les tubes, flacons ou encore les sachets avec l’agrément Ecocert ». Le site de production pourrait même travailler pour d’autres clients en plus de la production réalisée pour L’Oréal [LSA  24 Septembre 2009].

Toutefois, ce rachat peut laisser perplexe : il est loin le temps où la cosmétique bio s’opposait à celle des grands groupes industriels, revendiquant leurs différences et réalisant de petites productions. Posséder une marque bio devient aujourd’hui un acte obligé pour un grand groupe cosmétique, offrant la possibilité de valoriser leur image. Que ce soit via le lancement d’une gamme bio (Mixa par exemple) ou un rachat (Clarins prenant part dans Kibio par exemple), tous les grands groupes cosmétiques se tournent vers le bio. Même les sous-traitants tels Fareva ajoutent à leur catalogue de telles productions. L’appartenance à un grand groupe permet aux marques bios de bénéficier de leurs moyens et connaissance en R&D, de leur force de communication et de leur savoir-faire commercial. Ainsi L’Oréal a permis à Sanoflore une internationalisation vers 12 pays. Mais nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que le bio reste un moyen de parfaire une image d’entreprise responsable.

Catégories :Cosmétiques naturels/bios Étiquettes : , , ,